Neurone miroir

Fonctions proposées des neurones miroirs

Il a été suggéré que les neurones miroirs fournissent une forme simple et directe de compréhension de l’action. Le mécanisme de mise en miroir qu’ils fournissent pourrait permettre aux individus de comprendre les actions des autres en simulant les actions observées grâce à l’utilisation du propre répertoire d’actions des observateurs. La découverte que les neurones miroirs ne se déchargent pas lorsqu’un singe observe des actions de la main qui ne sont pas dirigées vers un objet (actions intransitives) illustre que cette compréhension semble se limiter aux actions dirigées par l’objet. Cependant, l’objet auquel une action est dirigée n’a pas besoin d’être visible pour que les neurones miroirs se déchargent. Si le singe observe quelqu’un saisir un objet qui est caché à la vue du singe, les mêmes neurones miroirs se déchargeront que lorsque l’objet n’est pas caché. Ainsi, le fait de savoir qu’une action est dirigée vers un objet particulier suffit à déclencher une décharge de neurone miroir.

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Bien que la plupart des études sur les neurones miroirs se soient concentrées sur la perception de l’action dans le domaine visuel, il est prouvé que certains neurones miroirs répondent au son. Les neurones se déchargent non seulement lorsque le singe voit une action, mais aussi lorsqu’il entend un son qui accompagne normalement une action particulière. Chez l’homme, la décharge des neurones miroirs par rapport aux stimuli auditifs a conduit à des hypothèses sur l’implication des neurones dans l’évolution du langage.

Chez l’homme, l’activation des neurones miroirs se produit non seulement pour des actions dirigées par l’objet, mais aussi pour des actions intransitives, telles que la danse. La mesure dans laquelle ces zones cérébrales sont activées par l’observation dépend de l’expertise de l’observateur dans l’exécution de l’action observée. Par exemple, en utilisant l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), les chercheurs ont découvert que les danseurs de ballet montraient plus d’activation dans le cortex prémoteur lorsqu’ils observaient une danse de ballet que lorsqu’ils observaient une danse de style arts martiaux qui leur était inconnue (capoeira). De même, les danseurs de capoeira ont montré plus d’activation lorsqu’ils observaient la danse de capoeira que lorsqu’ils observaient la danse de ballet.

La mise en miroir chez l’homme a également été impliquée dans l’imitation et l’apprentissage de l’imitation. Plusieurs études d’IRMf ont montré une activation plus élevée dans le système miroir humain lorsqu’une action observée devait être imitée plus tard que lorsqu’elle était observée sans intention d’imiter. Un rôle possible des neurones miroirs dans l’imitation a été soutenu par des études chez les moineaux, qui possèdent des neurones miroirs qui correspondent aux chants perçus au système de production de chants de l’oiseau. Chez l’homme, l’apprentissage de l’imitation nécessite probablement des fonctions cognitives de plus haut niveau en plus du système miroir, étant donné que d’autres primates, à savoir les macaques, n’imitent pas même s’ils possèdent des neurones miroirs.

En plus de la compréhension de l’action et de l’imitation, la prédiction des actions des autres a été proposée en fonction de la mise en miroir. La correspondance entre les actions perçues et le propre répertoire d’actions d’un observateur peut permettre à l’observateur de recruter des mécanismes moteurs prédictifs afin d’anticiper ce que l’acteur observé va faire ensuite. Par exemple, lorsque vous observez quelqu’un lancer une fléchette sur un plateau cible, la mise en miroir peut permettre à l’observateur de prédire où la fléchette atterrira.

Les implications fonctionnelles plus larges des neurones miroirs font encore l’objet de débats. Certains chercheurs ont proposé que les neurones miroirs jouent un rôle important dans l’empathie, l’évolution du langage et l’attribution de l’état mental, conduisant à l’affirmation controversée selon laquelle l’autisme est un trouble du système des neurones miroirs. D’autres chercheurs soutiennent que les neurones miroirs ne sont pas si spéciaux et que leur fonctionnalité couvre par ailleurs les capacités générales des neurones. Une contribution importante à ce débat pourrait venir des biologistes de l’évolution qui étudient les mécanismes de miroir chez des espèces autres que les humains et les singes.

Günther KnoblichNatalie Sebanz